
La mobilisation sur le terrain ne faiblit pas et la colère gronde toujours.
Récemment, une délégation d’une dizaine de motards sarthois a d’ailleurs fait le déplacement pour se joindre à la manifestation organisée à Tours afin de réaffirmer notre opposition ferme au contrôle technique des deux-roues motorisés. Mais si la rue reste un moyen d’expression indispensable, la bataille se déplace aujourd’hui dans les couloirs des institutions européennes.
En ce moment même, l’avenir du CT2RM se décide lors d’un trilogue, une phase de négociation réunissant les trois instances dirigeantes de l’Europe : le Parlement, la Commission et le Conseil. L’enjeu est critique. Une modification de la directive de 2014 est sur la table et vise à supprimer la possibilité pour les États membres d’appliquer des mesures alternatives au contrôle technique. Si cette réforme passe, la flexibilité disparaît : le contrôle technique périodique sera imposé d’office à tous les pays de l’Union européenne, sans aucune échappatoire.
Concrètement, si cette décision est entérinée au niveau européen, notre combat législatif en France s’arrêtera net. Il nous sera alors impossible d’obtenir des mesures alternatives liées à la sécurité des infrastructures ou d’espérer un contrôle limité à la revente. Le Conseil des ministres européen avait rejeté cette uniformisation stricte en janvier, mais la Commission des transports s’acharne à vouloir l’imposer.
Face à cette menace, la FFMC 72 a pris les devants et a d’ores et déjà interpellé les députés européens impliqués dans ce trilogue. Aujourd’hui, nous vous invitons à faire de même. Le lobbying institutionnel est une arme redoutable : depuis chez vous, en quelques minutes, vous pouvez faire entendre la voix des motards.
Vous trouverez ci-dessous un modèle de courrier à adresser aux députés européens membres de la commission des transports et à leurs binômes. La liste de leurs adresses e-mail est disponible directement sur notre site. Attention : pour que notre action soit prise au sérieux, il est primordial de ne pas faire un simple copier-coller. Les e-mails identiques envoyés en masse perdent de leur impact. N’hésitez pas à personnaliser ce texte avec vos mots, ou appuyez-vous sur des outils d’intelligence artificielle (Gemini, ChatGPT, Mistral) pour le reformuler rapidement avant de l’envoyer.
Votre antenne sarthoise l’a fait, vous le pouvez également.
L’équipe de la FFMC 72 vous remercie pour votre mobilisation.
Modèle de lettre :
Objet : Négociations en trilogue sur la directive de 2014 – Préservation vitale des mesures alternatives au contrôle technique des deux-roues
Madame la Députée européenne / Monsieur le Député européen,
Je m’adresse à vous en tant que citoyen(ne) et usager(ère) de deux-roues motorisé, profondément préoccupé(e) par les discussions actuelles en trilogue concernant la révision de la directive de 2014 relative au contrôle technique.
La proposition soutenue par la Commission des transports vise à supprimer la flexibilité jusqu’ici accordée aux États membres, les empêchant de privilégier des mesures alternatives au contrôle technique périodique des deux-roues motorisés (CT2RM). Cette uniformisation forcée obligerait tous les pays de l’Union européenne à imposer ce contrôle sans échappatoire, bafouant ainsi les spécificités locales et les véritables enjeux de notre sécurité routière.
Les données d’accidentalité sont pourtant formelles : l’état technique du véhicule n’est la cause principale que d’une part infime des accidents impliquant un deux-roues motorisé. Notre vulnérabilité réside ailleurs. L’insécurité à laquelle nous sommes quotidiennement confrontés est majoritairement liée à l’état dégradé des infrastructures routières (nids-de-poule, mobilier urbain dangereux, défauts d’adhérence) ainsi qu’au manque de formation ou d’attention des différents usagers de la route.
Imposer un contrôle technique systématique est une mesure technocratique, coûteuse et perçue comme punitive, qui ne s’attaquera pas à la racine des accidents. À l’inverse, les mesures alternatives — telles que les campagnes de sensibilisation, l’amélioration ciblée du réseau routier, la formation post-permis ou encore l’incitation financière à l’achat d’équipements de protection individuelle — constituent des leviers d’action directs, concrets et prouvés pour sauver des vies.
En janvier dernier, le Conseil des ministres européen a fait preuve de pragmatisme en rejetant cette réforme stricte, démontrant que les États souhaitent conserver leur souveraineté sur l’approche de la sécurité routière. Il est impératif que les représentants du Parlement européen entendent cette position.
C’est pourquoi je vous sollicite aujourd’hui : je vous demande de défendre avec fermeté, lors de ces négociations en trilogue, le maintien de la possibilité pour les États membres d’appliquer des mesures alternatives au contrôle technique. La sécurité des motards mérite des solutions efficaces de terrain, et non des contraintes administratives inadaptées.
Dans l’attente de connaître la position que vous défendrez sur ce dossier essentiel, je vous prie d’agréer, Madame la Députée / Monsieur le Député, l’expression de ma très haute considération.
[Votre Prénom et Nom] [Votre Code Postal et Ville]
Membres titulaires français de la commission des transports et du tourisme (TRAN)
- Valérie Devaux (Renew) : valerie.devaux@europarl.europa.eu
- François Kalfon (S&D) : francois.kalfon@europarl.europa.eu
- Julien Leonardelli (PfE) : julien.leonardelli@europarl.europa.eu
- Philippe Olivier (PfE) : philippe.olivier@europarl.europa.eu
- Arash Saeidi (The Left / La Gauche) : arash.saeidi@europarl.europa.eu
Membres suppléants français de la commission des transports et du tourisme (TRAN)
- Jean-Marc Germain (S&D) : jean-marc.germain@europarl.europa.eu
- Isabelle Le Callennec (PPE) : isabelle.lecallennec@europarl.europa.eu
Adresses e-mail pour envoi groupé (à copier-coller dans le champ « À » ou « Cci ») valerie.devaux@europarl.europa.eu; francois.kalfon@europarl.europa.eu; julien.leonardelli@europarl.europa.eu; philippe.olivier@europarl.europa.eu; arash.saeidi@europarl.europa.eu; jean-marc.germain@europarl.europa.eu; isabelle.lecallennec@europarl.europa.eu

